Equipe de France, Coupe du monde, Barça… l’intégralité de l’entretien d’Ousmane Démbélé dans Rothen s’enflamme sur RMC

De retour avec l’équipe de France pour préparer les prochains matchs de Ligue des nations, Ousmane Dembélé s’est longuement confié lors de son passage dans Rothen s’enflamme ce mercredi sur RMC. Un entretien passionnant avec l’ailier du FC Barcelone, qui a retrouvé le sourire et l’efficiacité sur le terrain, après une longue période de doute et de blessures.

De passage dans Rothen s’enflamme ce mercredi sur RMC, Ousmane Dembélé s’est longuement confié sur sa situation avec le FC Barcelone et l’équipe de France, qu’il vient de retrouver après plus d’un an d’absence. Actuellement à Clairefontaine pour préparer les prochaines échéances des Bleus en Ligue des nations, l’ailier de 25 ans a pris le temps d’échanger avec Jérôme Rothen, Mathieu Bodmer, qui l’a connu à ses débuts à Evreux, et notre journaliste Fabrice Hawkins. Un entretien de 18 minutes qu’RMC Sport vous propose de relire dans son intégralité…

Jérôme Rothen: Tu peux nous raconter un peu ta relation avec Mathieu (Bodmer)?

Très bonne relation avec lui, je le connais maintenant depuis… très longtemps. J’étais en jeunes à Evreux, et il avait entendu un peu parler de nous, de notre équipe et tout, et puis bah depuis ce jour-là, on s’est parlés. Quand je suis parti à Rennes aussi j’avais pris son numéro. Je m’en rappelle, j’avais envoyé quelques messages, il ne me répondait pas (rires), non je rigole!

Mathieu Bodmer: Combien t’as de maillots? A l’époque, tu venais me demander des maillots, maintenant, c’est l’inverse…

Ouais, je demandais les maillots mais je n’en ai pas reçu… je n’en ai reçu qu’un (rires).

Mathieu Bodmer: Non, non, après chaque match, tu en avais un…

Non, non, non, on a une très bonne relation, on vient du même quartier, d’Evreux, La Madeleine, ça a été mon président aussi donc voilà, on a toujours maintenu cette bonne relation.

Jérôme Rothen: Tu sais que c’est marrant cette histoire de maillots, parce que moi, à l’époque, c’est Mathieu (Bodmer) qui me les demandait les maillots…

Ah toi aussi! (rires)

Jérôme Rothen: Et de moi, il en a plus d’un. A chaque fois je lui donnais. Il venait au bord du terrain, je lui disais: “tiens, allez vas-y”…

Régale-toi (rires)

Mathieu Bodmer: Ce qu’il faut dire, c’est qu’avec Jérôme, on a joué ensemble quand même, dans la même équipe…

Jérôme Rothen: Tu as réalisé un rêve Mathieu, c’est fou. On ne va pas parler de nous, on va parler de toi Ousmane, qu’est ce que ça fait de retrouver les Bleus comme ça, après un peu plus d’un an d’absence?

Franchement, ça me fait plaisir. La saison dernière, j’ai beaucoup travaillé pour revenir en sélection, je n’ai pas été selectionné, c’est pas grave, mais j’ai énormément travaillé pour être dans cette liste. On me chambre beaucoup en ce moment, en me disant que j’arrive toujours quand il va y avoir les bonnes compétitions, donc non, ça me fait plaisir et puis voilà, j’ai travaillé pour revenir dans la sélection.

Jérôme Rothen: Comment tu expliques ce déclic que tu as eu, où on a vraiment l’impression maintenant, depuis pas mal de mois, que les blessures sont un peu derrière, que tu arrives à enchaîner. C’est venu de quoi ça?

Bah il y a eu beaucoup de changements avec le FC Barcelone. L’arrivée d’un nouveau coach (Xavi, ndlr), même si avec Ronald Koeman ça s’était bien passé. J’ai joué plusieurs matchs. Mais il y a eu aussi un déclic parce que j’ai eu énormément de blessures à l’ischio-jambier etc… donc il fallait travailler, on me l’a souvent dit: ‘si tu ne travailles pas, tu vas stagner. Tu vas te blesser, si tu te renforces pas”. Et puis voilà, il y a eu ce déclic, avec Koeman, et avec Xavi ça se passe encore mieux. Depuis ce temps-là, je n’ai pas eu de blessures. On croise les doigts donc on continue à travailler et puis je suis bien, je me sens bien à Barcelone, j’ai la confiance de toute l’équipe, tout le club, et je suis heureux.

Jérôme Rothen: Mathieu (Bodmer), où tu places Ousmane en termes de talent?

Mathieu Bodmer: Tout en haut. Sincérement, tout en haut. Ce n’est pas parce que je le connais depuis qu’il est jeune, mais il sait très bien tout le bien que je pense de lui. J’ai eu la chance de le voir quand il était jeune joueu. La première fois que je l’ai vu jouer, il avait onze ans. A l’époque, avant d’aller à Rennes, il était demandé par Malherbe (Caen) et au bout de dix minutes, j’avais appelé pour dire: ‘Je ne pense pas que ce soit un joueur pour vous malheureusement”. Il a un talent extraordinaire, il a été freîné par les blessures, mais on l’a vu depuis quelques mois… sur les vingt dernières années, j’ai vu deux joueurs comme Ousmane. Il y a Ousmane et Eden Hazard, que j’avais pu voir jouer à Lille quand il avait 15-16 ans. Je suis content aujourd’hui qu’il soit épargné par les blessures et qu’il montre à tout le monde le vrai potentiel qu’il a, c’est un joueur à part.

Jéôme Rothen: Ousmane, comment tu réagis à ces mots de Mathieu (Bodmer)?

Ça fait plaisir, ça fait plaisir d’entendre ça, surtout d’être comparé à un joueur comme Eden Hazard, mais moi je suis exigeant j’en demande encore plus, toujours aller marquer des buts, faire plus de passes décisives etc… et passer ce cap dans les grands matchs. Être décisif et performant surtout.

“Le plus important c’est d’avoir un entraîneur qui te donne de la confiance”

Jérôme Rothen: C’est vrai qu’on a l’impression depuis quelques mois que l’entraîneur est dithyrambique sur toi. Ca permet de garder cette confiance et d’aller chercher plus haut quand tu as un entraîneur comme ça derrière toi…

Bien sûr, pour moi, pour un joueur de haut niveau, avoir un coach qui a confiance en toi, c’est super important. Je me rappelle j’ai eu la confiance de Rolland Courbis au Stade Rennais, je me suis épanoui, Thomas Tuchel la même chose (à Dortmund) et maintenant avec Xavi à Barcelone. Le plus important, c’est d’avoir un entraîneur qui te donne la confiance.

Rolland Courbis, je me rappelle, il m’avait placé au poste de numéro 10 parce qu’avant, j’étais surtout sur le côté, il m’a dit: “c’est à ce poste que tu devrais jouer”. Quand je suis arrivé à Dortmund, on me mettait un peu sur le côté et il m’a dit d’aller voir le coach Tuchel pour lui dire que je devais jouer plus à l’intérieur.

Fabrice Hawkins: Justement Ousmane, où est ce que tu te sens le mieux? On sait que parfois l’équipe de France joue à cinq derrière, avec deux attaquants et un joueur juste derrière qui est souvent Antoine Griezmann. Toi, est-ce que tu pourrais jouer devant ou est-ce que c’est vraiment sur le côté qu’est ta place?

J’ai plus mes repères sur le côté droit quand même, parce que maintenant avec Barcelone, je joue plus à droite. Mon véritable poste était numéro 10 à l’ancienne, mais si je peux jouer à droite ou dans l’axe, je joue où on me met. L’essentiel c’est d’être sur le terrain.

Jérôme Rothen: Ousmane, j’ai un peu envie de parler du passé, même si on va aussi parler du présent, bien sûr. C’est vrai que tu parlais du déclic, de ta façon de travailler plus. Moi je trouve que tu as perdu beaucoup de temps quand même. Quand je vois que tu es arrivé en 2016 en équipe de France, Mbappé un an après et il a pratiquement le double de sélections. Est-ce que ça ça te permet d’aller chercher encore plus haut pour être encore plus constant?

Bien sûr, bien sûr, parce que de 2017 à maintenant, j’ai perdu énormément de temps, enfin 2017 à 2020, 2021 j’ai perdu énormément de temps avec les blessures… tout ce qu’il y a autour etc.. et moi ca me donne envie…

Jérôme Rothen: Excuse-moi, je te coupe, tu peux nous donner des exemples concrets, pourquoi tu te blessais, pourquoi tu as changé d’un coup?

Il y a eu beaucoup de choses. La façon dont on travaillait à Barcelone à l’époque, la façon dont moi je travaillais aussi. On m’a dit de travailler encore plus, de me renforcer etc… “si tu ne fais pas le travail, tu risques de te blesser etc…”, il y a eu tout ça, et puis voilà il y a eu ce déclic quand Koeman est arrivé. Il fallait que je travaille pour pouvoir jouer, pouvoir être performant, avoir la santé, surtout avoir la santé pour pouvoir jouer et après, être performant petit à petit.

Jérôme Rothen: Est-ce que dans ta vie privée aussi, tu as aussi changé au niveau du travail invisible (récupération, alimentation…)?

Bien sûr, bien sûr. Après, j’ai été jeune comme tout le monde. On a pu sortir etc… mais pas tant que ça, pas ce qu’on imagine. On a été jeune et après il y a eu ce déclic aussi, j’ai grandi. Un peu d’expérience aussi. Là, c’est fini toutes ces histoires. Mais voilà c’est, c’est tout ça quoi.

Fabrice Hawkins: Justement Ousmane, tu es papa depuis quelques jours, félicitations, est ce que ça t’aide dans ta vie d’homme et de footballeur?

Pour le moment, je n’ai pas encore réalisé, ça vient juste d’arriver. Donc non. C’est bien, c’est bien, on grandit, comme on dit. C’était le moment aussi d’avoir une petite fille, donc c’est très bien. Plus de responsabilités, la vie de papa quoi.

Fabrice Hawkins: On sent qu’il y a une bonne humeur en équipe de France, en plus il y a pas mal de jeunes kors de ce rassemblement. On sent que vous pouvez vraiment former une grosse équipe…

Oui bien sûr. Après, la vie de groupe, c’est très important pour performer. On l’a vu au Mondial en 2018. Il y a eu la qualité de l’équipe etc… mais ce n’est pas ça qui fait gagner un Mondial. Il y a tout un effectif, tout un staff et si il y a une bonne humeur dans tout cet effectif, là tu vas performer.

Jérôme Rothen: On rêve toujours d’être champion du monde, vous y pensez certainement mais est ce que il y a aussi un petit doute avec tous les problèmes qui entourent en ce moment la fédération et surtout le groupe, où il y a beaucoup de blessés?

Oui, bien sûr. L’objectif, c’est de garder le titre mais avec prudence quand même. Il y a certaines nations qui sont fortes aussi. Pour moi, maintenant, il n’y a plus de petites nations, tu peux gagner ou perdre contre tout le monde. C’est encore plus difficile et je pense que la France va se battre au Qatar pour garder le titre.

Jérôme Rothen: on a quand même la chance d’avoir Kylian Mbappé et toi Ousmane. Franchement, c’est incroyable de vous avoir tous les deux…

Ouais, c’est bien. Après, il faut encore continuer à travailler parce que le chemin est long pour arriver tout en haut. I y a énormément de bons joueurs et puis, nous, on va continuer à travailler. Moi, je vais continuer à travailler pour grandir encore plus et aller encore plus haut.

Fabrice Hawkins: Tu peux nous parler justement de cette relation parce qu’on parle souvent de Mbappé et toi en dehors du terrain, on sait que vous êtes très potes. Et sur le terrain, concrètement ça donne quoi?

J’aimerais bien qu’on joue un peu plus ensemble. Sur le terrain, on s’entend très très bien. Je connais ses qualités, il connait les miennes. On a joué quoi, 4-5 matchs lui et moi ensemble, et ça s’est très bien passé. Je me rappelle contre l’Angleterre ou contre l’Italie avant le Mondial. Moi, je veux tout faire en tous cas pour travailler, pour être dans le onze.

“J’ai toujours dit à Xavi que je voulais rester au club.”

Jérôme Rothen: Est-ce que tu te fixes un objectif suprême? Ballon d’or… ou la priorité, c’est le collectif, la Coupe du monde, la Ligue des champions?

Personnellement, moi, c’est de gagner la Ligue des champions avec Barcelone. Que Barcelone regagne la Ligue des champions, ça fait maintenant sept ans qu’ils ont pas gagné. Qu’ils gagnent des titres, la Liga, la Ligue des champions, c’est le plus important.

Fabrice Hawkins: C’est aussi pour ça que tu es resté ?

Bien sûr, avec la confiance de Xavi, j’étais obligé de rester. J’ai sa confiance, je me sens bien dans le vestiaire, avec tous ces jeunes, toute cette équipe et maintenant ça fait six ans que je suis là-bas (il entame sa sixième saison) et je me sens bien.

Jérôme Rothen: Tu as toujours voulu rester?

J’ai toujours dit à Xavi que je voulais rester au club. Après, c’est des négociations, c’est contractuel, je ne me fixais pas. Je ne me disais pas que j’allais quitter le club.

Jérôme Rothen: C’est beau d’entendre ça parce que beaucoup de gens parlaient pour toi, on l’a fait aussi dans l’émission, on se posait la question de savoir si tu voulais peut-être aller voir ailleurs, au plus offrant, mais tu n’as jamais fait de déclarationn. Tu es toujours resté sage et l’échange avec Xavi a toujours tenu…

Ça a toujours tenu, je lui ai toujours dit. Je me rappelle d’une réunion, lui et moi en décembre, où je lui ai dit que j’allais signer mon contrat. Après, il y a eu ce qu’il s’est passé, mais j’ai toujours dit que je voulais rester à Barcelone et je me sens bien là-bas.

Jérôme Rothen: Ça me fait plaisir de t’avoir en face de moi, parce que tu mets la passion au milieu, on sent un mec passionné. Tu aimes le foot à l’image de ce que tu es sur le terrain et il faut que ça dure…

C’est bien parce que j’en ai bavé pendant ces cinq dernières années, maintenant tout le monde parle de foot, c’est mieux. Moi j’ai toujours rêvé de jouer à Barcelone, je réalise mon rêve et je suis très content.

Merci Ousmane, vous les champions du monde, vous nous représentez au mieux et j’espère le meilleur. Faites-nous rêver…

J’espère aussi, en tous cas, faire une grande saison et gagner des titres. Passez le bonjour à Daniel Riolo aussi!

RMC Sport avec Rothen s’enflamme

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